En arrêt maladie, une sortie autorisée ne signifie pas que le salarié peut organiser ses journées comme d’habitude. Les règles dépendent de la mention portée sur l’avis d’arrêt de travail. Voici les heures de sortie en arrêt maladie, les exceptions admises et les risques en cas d’absence lors d’un contrôle.
Points clés
- Les heures de sortie autorisées en arrêt maladie sont généralement de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, période pendant laquelle le salarié doit rester à son domicile pour permettre les contrôles de la CPAM.
- Le médecin précise sur l’arrêt de travail si les sorties sont autorisées à horaires fixes, libres, ou interdites, et c’est cette mention qui fait foi pour le salarié.
- Les sorties en dehors des horaires prescrits ne sont justifiées que pour des rendez-vous médicaux ou obligations indispensables, avec justificatifs à fournir en cas de contrôle.
- Les horaires de sortie restent stricts même les week-ends et jours fériés, et toute absence prolongée ou déplacement doit être signalé à la CPAM et à l’employeur.
- En cas d’absence injustifiée lors d’un contrôle, le salarié risque la suspension ou réduction des indemnités journalières, voire des sanctions disciplinaires selon la gravité.
- Pour éviter tout litige, il est essentiel de respecter les horaires de sortie autorisées, garder les justificatifs médicaux et informer la CPAM en cas de changement d’adresse temporaire.
Les horaires de sortie prévus par principe

Lorsque le médecin coche la mention « sorties autorisées », le salarié doit rester à son domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h. En dehors de ces créneaux, il peut sortir, à condition que ses déplacements restent compatibles avec son état de santé et son rétablissement.
Ces plages de présence permettent à la caisse primaire d’assurance maladie, la CPAM, de réaliser un contrôle. L’adresse à prendre en compte est celle indiquée sur l’avis d’arrêt de travail. Une personne arrêtée pour une lombalgie peut, par exemple, faire une courte sortie hors des heures de présence. En revanche, une activité physiquement exigeante ou manifestement contraire au repos prescrit peut poser problème, même si elle se déroule à une heure autorisée.
Le médecin peut fixer des consignes plus strictes selon la situation médicale. Le salarié doit donc relire son arrêt plutôt que de se fier à une règle entendue au bureau ou sur les réseaux sociaux. Les horaires de présence à domicile inscrits sur le document restent la référence.
Les trois situations indiquées sur l’arrêt de travail

L’avis d’arrêt de travail comporte une rubrique consacrée aux sorties. Cette indication ne relève pas d’un choix du salarié : elle est déterminée par le médecin qui évalue son état de santé. Il existe trois régimes distincts. Avant tout déplacement, le salarié doit vérifier ce qui est coché sur son exemplaire.
Sorties libres, interdiction de sortir et présence à domicile
Les sorties interdites imposent en principe de rester au domicile toute la journée. Elles répondent notamment à un besoin de repos strict ou à une situation médicale particulière. Les déplacements nécessaires pour recevoir des soins restent possibles, avec justificatif.
Avec les sorties autorisées à horaires fixes, la règle est celle des créneaux de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h. Le salarié peut quitter son domicile le reste du temps. Il ne doit toutefois pas utiliser cet arrêt pour exercer une activité non autorisée ou incompatible avec son traitement.
Enfin, la mention « sorties autorisées sans restriction d’horaire » permet de sortir librement. Elle doit être expressément portée sur l’arrêt et justifiée médicalement. Elle est parfois prescrite lorsque l’isolement à domicile n’est pas adapté à l’état psychologique de la personne. Même dans ce cas, l’arrêt maladie n’autorise ni un travail dissimulé ni un comportement qui retarde la guérison.
Les exceptions pour les rendez-vous et obligations nécessaires
Un salarié peut s’absenter pendant les heures de présence obligatoire lorsqu’il doit recevoir des soins médicaux, passer un examen ou se rendre à une consultation indispensable. Cela couvre, par exemple, un rendez-vous chez le médecin, le kinésithérapeute, un spécialiste, un laboratoire ou un centre de soins.
En cas de contrôle, il doit pouvoir démontrer le motif de son absence. Une attestation de rendez-vous, une ordonnance, une feuille de soins ou un justificatif d’examen est utile. Il est prudent de conserver ces documents. Une simple affirmation après coup peut ne pas suffire à convaincre la CPAM.
Certaines obligations réellement indispensables peuvent aussi justifier une sortie : récupérer un traitement urgent, accomplir une démarche administrative qui ne peut pas être différée, ou répondre à une convocation. Mais la notion d’urgence ne doit pas être interprétée largement. Faire des courses, rendre visite à des amis ou aller à un rendez-vous personnel ne constitue pas automatiquement une exception.
Quand une contrainte régulière est prévisible, le salarié a intérêt à en parler au médecin. Celui-ci peut apprécier si une adaptation des conditions de sortie est médicalement pertinente et l’indiquer clairement sur l’arrêt.
Week-ends, jours fériés et déplacement chez un proche
Les horaires ne disparaissent pas le samedi, le dimanche ou les jours fériés. Si l’arrêt prévoit des sorties autorisées avec horaires, le salarié doit être présent à son domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, y compris le week-end. L’indemnisation concerne ces jours : les obligations de contrôle s’y appliquent donc aussi.
Un séjour chez un proche, même pour être aidé pendant la convalescence, demande de l’anticipation. Le salarié ne doit pas simplement partir en supposant que l’absence de travail suffit. S’il réside temporairement à une autre adresse ou s’absente plusieurs jours, il doit avertir sa caisse d’assurance maladie et informer son employeur, notamment afin de rendre une éventuelle contre-visite possible.
Un déplacement hors du département de résidence requiert également une information préalable de la CPAM. Elle doit pouvoir connaître l’adresse où le salarié séjourne. Cette démarche est particulièrement importante en cas de départ en vacances, même si le médecin a accordé des sorties libres. Les sorties libres enlèvent la contrainte horaire : elles ne suppriment pas les obligations liées au contrôle ni l’exigence de respecter le repos médical.
Contrôles de la cpam et de l’employeur
La CPAM peut organiser un contrôle à domicile, souvent sans avertissement. Le contrôle vise à vérifier la présence du salarié pendant les heures imposées et, plus largement, le respect des obligations liées à l’arrêt. En cas d’absence justifiée par des soins, les preuves doivent être fournies rapidement à la demande de la caisse.
L’employeur peut aussi demander une contre-visite médicale, notamment lorsqu’il verse un complément de salaire. Le médecin mandaté ne remplace pas le médecin traitant : il évalue la justification de l’arrêt et la possibilité de reprendre le travail. Le salarié doit se soumettre à cette visite ou justifier son impossibilité de manière sérieuse.
Un contrôle ne signifie pas qu’une fraude est présumée. Il fait partie du cadre normal de l’arrêt de travail. Pour éviter les difficultés, le salarié doit signaler toute adresse temporaire, garder ses justificatifs de soins et s’assurer que son nom figure clairement sur la boîte aux lettres ou l’interphone. Ce détail très concret évite parfois une absence considérée à tort comme injustifiée.
Si le médecin contrôleur estime l’arrêt non justifié, les conséquences peuvent concerner les indemnités versées par l’employeur ou l’Assurance Maladie. Le salarié peut demander des explications et, selon la situation, contester la décision par les voies prévues.
Sanctions en cas de non-respect des horaires
Une absence injustifiée lors d’un contrôle peut entraîner la suspension ou la réduction des indemnités journalières. La CPAM peut demander des explications au salarié et examiner les justificatifs transmis. Si l’absence correspondait à un soin ou à un examen, la situation peut être régularisée lorsque la preuve est convaincante.
L’employeur peut, de son côté, suspendre le complément de salaire si la contre-visite conclut que l’arrêt n’est pas justifié ou si le salarié refuse le contrôle sans motif valable. Dans les cas les plus sérieux, une activité incompatible avec l’arrêt, une fraude ou un manquement répété peut exposer le salarié à des mesures disciplinaires. Tout dépend des faits, des preuves et des règles applicables dans l’entreprise.
Le bon réflexe reste simple : respecter les horaires de sortie autorisées, conserver les justificatifs et prévenir la CPAM avant un séjour à une autre adresse. En cas de doute sur une sortie précise, le salarié peut contacter sa caisse ou demander conseil à son médecin. Mieux vaut une vérification rapide qu’une contestation longue sur des indemnités suspendues.
Questions fréquentes sur les heures de sortie en arrêt maladie
Quelles sont les heures de sortie autorisées pendant un arrêt maladie ?
En arrêt maladie avec sorties autorisées, vous devez rester à votre domicile de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h. En dehors de ces créneaux, vous pouvez sortir gratuitement sauf contre-indication médicale.
Puis-je sortir librement de mon domicile en arrêt maladie ?
Cela dépend de la mention sur votre arrêt. « Sorties autorisées sans restriction d’horaire » permet une liberté totale, souvent pour raisons psychologiques. Sinon, vous devez respecter les horaires imposés par le médecin.
Les heures de sortie pendant un arrêt maladie s’appliquent-elles aussi le week-end et les jours fériés ?
Oui, les horaires obligatoires de présence à domicile (9-11 h et 14-16 h) s’appliquent tous les jours indemnisés, y compris weekends et jours fériés.
Quels déplacements sont autorisés en dehors des heures de présence obligatoires ?
Vous pouvez sortir pour des soins médicaux, examens, ou rendez-vous indispensables. Vous devez pouvoir justifier ces absences auprès de la CPAM avec des documents comme ordonnance ou rendez-vous.
Quelles sont les conséquences en cas de non-respect des horaires de sortie en arrêt maladie ?
Une absence injustifiée lors d’un contrôle peut entraîner la suspension ou la réduction de vos indemnités journalières. Votre employeur peut aussi suspendre un complément de salaire et engager des sanctions disciplinaires.
Comment informer la cpam si je dois changer temporairement d’adresse pendant mon arrêt maladie ?
Vous devez prévenir la CPAM et votre employeur avant tout départ prolongé à une autre adresse, notamment pour permettre une éventuelle contre-visite et assurer le suivi du contrôle médical.